Elshout Aart

« Je me confronte régulièrement avec la Nature par des sortes de randonnées poétiques. J’ai vécu ces changements dans le paysage.
 Il me faut être là physiquement, avec mes vécus emmagasinés pour éviter ce que j’appelle un « travail sur l’image », qui bloquerait le « souffle » créateur.
En travaillant sur la thématique de l’eau, je me suis retrouvé avec mes recherches comme dans un labyrinthe, surtout au début : parfois on n’avance pas, j’étais parti sur l’image d’une rivière (la Garonne) ; mais il ne fallait pas rester dans la figuration pure, l’imitation, sinon on bute contre l’image d’une rivière…
Dans les cours d’eau, ce n’est pas l’eau elle-même qui est la plus attrayante, c’est la vie qui est autour et qui meurt… L’eau c’est transparent, c’est fluide, ça n’a pas de couleur : c’est l’extérieur et tout ce qui est autour qui donne une couleur et une forme à l’eau.
Mon travail n’est pas qu’une peinture abstraite avec des épaisseurs de matière et des variations de couleur. Ce sont des paysages d’eau, sans ligne d’horizon, sans reflets visibles d’arbres ou de ciels. Il y a pourtant cette idée, à travers les grands formats dans lesquels le regard est happé, fasciné, de donner à voir l’énergie de l’eau.
Pour moi « l’âme de l’eau », c’est l’identité profonde, cachée et néanmoins essentielle de l’élément Eau, qui s’appréhende avec le ressenti et l’intuition en développant une « vision profonde », comme disent les bouddhistes. Cela inclut donc cette notion d’énergie, mais aussi de nature essentielle. »


Aart Elshout 
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